Remplacer l’exposé oral par un débat en ligne, pourquoi pas?

À la Une des projets inspirants.

Argumenter, discuter, débattre : réalités de la vie citoyenne!

Utiliser la visioconférence et l’écriture collaborative pour induire un virage technologique, entrainer un changement de pratiques (paradigme) où des élèves participent activement à la tenue d’un débat : mission possible!

Voilà le projet en cours actuellement. Deux régions en présence, au nord, près du fleuve, l’équipe de Baie-Comeau; au sud, dans les vallons etcheminois, l’équipe de Ste-Justine.

Au centre de formation professionnelle et générale Manicouagan à Baie-Comeau, Claudine Jourdain, conseillère pédagogique et conseillère RÉCIT à la FGA Côte-Nord, Danielle Arseanault, enseignante, et quelques-uns de ses éléves.

Pour Ste-Justine, Danielle C. Jacques, conseillère à l’intégration pédagogique des TIC au RÉCIT à la FGA Chaudière-Appalaches, Sophie Perron, enseignante, et quelques-uns de ses élèves.

Les élèves sont enthousiastes!

 

Une communauté en marche

Une communauté en marche

Si l’utilisation personnelle des technologies constitue l’indicateur de leur intégration au développement professionnel des enseignants et dans la salle de classe, la démonstration de l’utilité pédagogique et des effets bénéfiques pour les élèves peuvent aussi s’avérer un puissant levier même chez les néophytes, et l’expérience vicariante le point de départ de nouvelles expériences et de variations sur un thème.

Ainsi, la publication en format papier des textes d’un Collectif d’auteurs trouvait son écho l’année suivante avec le blogue Attache ta plume! et quelques autres et celle de trois recueils annuels donnait naissance au projet de mise sur pied d’un blogue par et pour les élèves.

La publication d’Au cœur de notre jardin (2010) aux Éditions du Mécène, sous la direction de l’enseignante, a été rendu possible grâce au mécénat de nombreux partenaires sollicités par les élèves auteurs, impliqués aussi à toutes les étapes de la production de l’ouvrage, depuis la rédaction à la mise en marché, et dont l’esprit se trouve admirablement illustré à la quatrième de couverture.

L’année suivante, en 2011, les mêmes enseignantes proposaient aux élèves de contribuer à un blogue, Attache ta plume!, donnant ainsi une dimension plus significative à l’exercice d’écriture en situation d’apprentissage et source d’une grande fierté à constater la provenance géographique très variée des lecteurs.

Dans la foulée, le blogue Des idées pour écrire complétait le premier avec des suggestions de thèmes d’actualité pour les séquences argumentatives, et Des mots qui bloguent suivait en 2012 pour un autre centre. Le petit dernier, Remèdes de grammaire, vient à peine de voir le jour.

En anglais, Sylvie’s English Page constitue le pendant d’Attache ta plume! et en francisation un blogue et un site alimentent la classe de Johanie, blogue très fréquenté, particulièrement les fins de semaine et, en ligne sous peu, la classe de Johanie. L’intégration sociale bat la mesure avec le site de l’Association des personnes handicapées de la Chaudière-Appalaches où, par souci d’anonymat, les participants se présentent au moyen d’une image de leur choix et d’une phrase qui les décrit.

Si enseignants et élèves publient, d’autres produisent : quelques-uns, en anglais, utilisaient à l’automne la bande-annonce avec IMovie sur iPad. Formés dans un premier temps à l’utilisation du iPad et de l’application, ils avaient ensuite le champ libre et l’évaluation portait, dans le cas de ce projet pilote, sur l’interaction verbale en cours de production : un succès en matière de motivation et de plaisir confirmait les premiers intéressés dans une interview réalisée par l’enseignante.

L’iPad s’amène aussi en intégration sociale alors que plusieurs équipes enseignantes explorent différentes applications pédagogiques et l’intègrent en salle de classe, notamment l’assistant de réalisation de tâches personnelles Marti pour soutenir la démarche d’autonomie d’élèves en appartement supervisé.

En matière de nouvelles approches pédagogiques – entendez ici d’approches différentes de celles habituellement utilisées en classe individualisée —, une dizaine d’étudiants de la FBC participent depuis peu à un club de lecture. Au rythme de deux rencontres par semaine, ils échangent sur l’œuvre au programme, guidés par le questionnement de l’enseignante dans un contexte d’enseignement explicite. Pour certains, il s’agit de la lecture de leur premier livre et dès la première rencontre ils manifestent déjà leur désir de poursuivre ce type d’expérience dans l’avenir. Premier commentaire reçu : « C’est la première fois que je ne texte pas pendant un cours ».

L’atelier se fonde sur l’enseignement explicite de stratégies auditives en compréhension de textes, stratégies qui font appel au langage interne : se poser des questions, évaluer sa compréhension, résumer les éléments essentiels, repérer les idées principales, élaborer des hypothèses, identifier le type de texte et sa structure, et sur l’enseignement direct à des petits groupes à qui on fournit de multiples occasions de répondre, du renforcement positif, des stratégies favorisant l’apprentissage, notamment utiliser des pauses pour évaluer sa compréhension, établir des liens entre ses nouvelles connaissances et celles que l’on possède, résumer, se questionner, évaluer l’efficacité d’une stratégie. Il inclut le recours aux schémas organisateurs et le modelage par l’enseignant. Les lecteurs seront invités à tenir un journal de bord sous la forme de leur choix et éventuellement à partager leurs impressions et l’écriture de textes en collaboration sur Google document.

L’écriture collaborative entre timidement en salle de classe, car les enseignants l’utilisent de plus en plus eux-mêmes pour une raison toute simple : augmenter l’efficacité de la prise de notes lors des réunions pédagogiques et des échanges de contenu. La pratique tend à se généraliser et est d’ailleurs soutenue par l’utilisation de Google document dans le cadre des Après-cours auxquels de plus en plus d’enseignants participent en mode synchrone, quand leur emploi du temps le permet, et, surtout, en mode asynchrone.

Dans un même souci d’efficacité, la visioconférence s’implante tout doucement lors des réunions pédagogiques tandis que deux pionnières, enseignantes en intégration sociale, l’utilisent depuis maintenant trois ans pour permettre à leurs groupes de se rencontrer et de partager diverses activités sur une base mensuelle, qu’il s’agisse de présenter une routine d’activités physiques et de l’enseigner à leurs vis-à-vis, ou une recette de cuisine, d’échanger des vœux ou, plus récemment, d’écrire un conte à relais avec Symwriter, un logiciel propriétaire qui permet d’écrire avec des symboles et dont l’utilisation a permis, l’an dernier, à une élève d’introduire l’auditoire à la pièce de théâtre Voyage de rêve en « lisant » un texte pour la première fois et non sans une immense fierté, et à une autre de tenir son rôle avec aplomb dans la pièce Les écoles d’autrefois, écrite par deux de ses collègues en intégration sociale de l’Association des personnes handicapées.

Mathématiques, sciences et technologies ne sont pas en reste : l’expérimentation assistée par ordinateur gagne en popularité auprès des enseignants grâce notamment aux formations offertes par le formateur-accompagnateur soutenu par la passion de certains passionnés parmi eux; la robotique, proposée selon une formule d’atelier découverte,  suscite quelques carrières. Les cours d’informatique délaissent les traditionnelles formations en traitement de texte pour proposer un buffet plus élaboré : tablettes numériques et leurs nombreuses applications dans toutes les disciplines, tablettes graphiques et dessin, défis robotiques, montage vidéo.

Quoiqu’elle fasse encore l’objet de certaines réserves et soulève parfois l’inquiétude, qu’il demeure des inconditionnels du papier crayon réfractaires à son entrée en salle de classe, qu’on s’y oppose sous prétexte de risquer de distraire les élèves de la tâche, la  technologie passe malgré tout du statut « extraordinaire » à celui d’outil quotidien.

 

 

Au cœur de notre jardin

Une école, des élèves, des mots. Une combinaison idéale pour faire naitre une réalisation toute particulière des ingrédients tout à fait indiqués pour obtenir une recette bien originale : un collectif de textes.

À force de mots et d’inspiration, à force de travail et d’imagination, les élèves du Centre d’éducation des adultes de Saint-Prosper se sont mis à leur crayon. Ils ont concocté un assemblage de textes où vous trouverez émotion, sensibilité, imagination, humour et bien d’autres choses encore, mais surtout, c’est au coeur de leur jardin que vous plongerez pour découvrir ce qu’ils sont vraiment et ce qu’ils savent faire. Ils ont seize, vint, trente, quarante ans et même un peu plus. Une mosaïque d’âges et d’expériences où se marient des propos à la fois fantaisistes et touchants de vérité.

Ici s’unissent les écrits d’une vingtaine d’étudiants dans un seul et même jardin. Un jardin où fleurissent des mots venus du cœur et d’ailleurs. Un jardin parsemé d’histoires réelles ou inventées. À tour de rôle, ils vous surprendront, vous émouvront, vous feront sourire ou pleurer. Une chose est sure, vous ne sortirez pas de ce livre sans avoir été touchés par ce qu’ils ont à raconter.

Ce recueil est une belle démonstration qu’un rêve peut devenir réalité, qu’une décision peut aboutir à une réalisation. Il s’agit tout simplement de mettre son cœur à l’ouvrage et de cultiver quotidiennement son jardin.

Au cœur de notre jardin, c’est beaucoup plus qu’un recueil de textes. Ce sera pour des années durant un symbole tangible du passage de cette vingtaine d’étudiants au CEA de Saint-Prosper. Un rêve devenu réalité.

Diane Pouliot, Enseignante de français au CEA de Saint-Prosper

 

 

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